Cloud public : le come-back ?

Et si 2017 devenait l’année du Cloud public ? Les études et les chiffres favorables s’accumulent, tendant à montrer un retour en grâce de la technologie auprès des DSI. Décryptage.

« Les mentalités sont en train de changer et les appels d’offres de projets Cloud public se multiplient », se réjouit Philippe Wojcik, Consultant Cloud chez T-Systems France. Fini le temps du Cloud public honni pour son présumé manque de sécurité. Le marché s’envole avec une croissance annoncée de 17,2 % pour 2016, selon le cabinet Gartner.

Côté CAC40 – et malgré des contraintes de sécurité toujours plus fortes – on affiche même une moyenne de 23 % de serveurs virtualisés situés dans le Cloud public, à en croire l’enquête eCAC40 2016 réalisée par Les Échos Business. C’est dit : 2017 sera bien l’année du retour en grâce du Cloud public.

Cloud public sécurisé : des innovations qui rassurent

Comment expliquer un tel engouement alors que, l’an dernier, 72 % des décideurs français émettaient des réticences vis-à-vis de la sécurité du Cloud public, d’après le cabinet PAC ? Pour Philippe Wojcik, plusieurs raisons sont à invoquer : « Les DSI craignaient jusqu’alors d’héberger des informations sensibles sur des serveurs gérés par des Américains, de l’autre côté de l’Atlantique. Un argument qui ne fait plus sens à l’heure où  les data centers européens se multiplient. En outre, les modes de consommation des ressources Cloud se sont considérablement diversifiés, avec par exemple les services de containerisation d’applications. Les fournisseurs deviennent également de plus en plus matures en matière de cybersécurité et étoffent leurs solutions.».

Les DSI craignaient jusqu’alors d’héberger des informations sensibles sur des serveurs de l’autre côté de l’Atlantique. Cet argument ne fait plus sens aujourd’hui.

Et l’expert de citer un exemple concret : « Le Cloud public est dorénavant accessible via un WAN d’entreprise de type MPLS (MultiProtocol Label Switching) qui permet de connecter l’entreprise à des applicatifs situés dans le Cloud public et améliore l’expérience utilisateur grâce à une garantie des débits et des latences télécom. Le protocole sécurise l’ensemble des échanges qui, auparavant, devaient passer systématiquement par le Net ».

Un nouveau champ des possibles

Dans le même temps, les possibilités offertes par le Cloud public s’ouvrent davantage. « Par le passé, la technologie servait principalement à héberger des machines virtuelles. Aujourd’hui – au-delà du SaaS – les entreprises bénéficient de l’agilité  des Plates-formes as a Service (PaaS) dans le Cloud public. On peut même très bien imaginer se lancer dans un déploiement d’un paysage SAP Hana entièrement hébergé sur un Cloud public », estime Philippe Wojcik.

On peut très bien imaginer se lancer dans un déploiement d’un paysage SAP Hana entièrement hébergé sur un Cloud public.

Mais, pour le moment, ce sont principalement les environnements de tests qui profitent de ce retour en grâce du Cloud public. Les entreprises hébergent leurs applications dans le Cloud public durant leur phase de tests puis les basculent sur un Cloud privé, avant le lancement. « Un bon moyen de bénéficier de l’élasticité du Cloud public et de ses coûts inférieurs tout en accélérant le temps de mise sur le marché des applications », analyse Philippe Wojcik.

Contre le shadow IT et pour l’innovation

D’autant que cette élasticité et ces coûts réduits sont vite synonymes de réduction du shadow IT, puisque les métiers n’ont plus besoin de court-circuiter la DSI dans le but d’aller plus vite et d’innover. Pour l’expert de T-Systems, le principal avantage du Cloud public est là : « La technologie est en train de devenir un véritable levier d’innovation dans des entreprises contraintes à se transformer pour intégrer rapidement les révolutions du big data, de l’intelligence artificielle et machine learning. Et les DSI prennent peu à peu conscience des avantages du Cloud public pour leur transformation digitale ».

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