Le monde des Synthèts et Hubots

Le monde des Synthèts et Hubots

Une nouvelle présentatrice va bientôt rejoindre les écrans de la télévision japonaise. Erica, 23 ans, a, selon les dires de son « père », une âme.
Derrière sa frange châtain, Erica sourit. C’est, pour le moment, la seule émotion qu’elle peut exprimer.
Derrière son pupitre, Erica ne peut mouvoir que le haut de son corps. Ses bras sont inanimés.

Mais c’est déjà une merveille…de technologie.

Erica est la future présentatrice Android créée par l’Intelligent Robotic Laboratory de l’Université d’Osaka.

Son père, Hiroshi Ishiguro, est un des acteurs les plus prépondérants dans la recherche de l’Intelligence artificielle (IA). A l’image de Real Humans, série culte avec ses Hubots (ou les Synthèts de sa reprise Humans), Erica est avant tout un robot. Mais doté d’une technologie d’intelligence linguistique et très prochainement d’une conscience indépendante, cet Androïd est déjà capable de participer à une conversation et de reconnaître ses interlocuteurs.

Elle a d’ailleurs répondu à une interview au Guardian.

Les robots sont de plus en plus présents et permettent, au quotidien, de rendre la vie plus facile ou d’alléger des tâches dangereuses ou fatigantes. Voir particulières, à l’image de cette maison close de Barcelone, Lumidolis, qui en février 2017, a employé des robots sexuels comme Lili, Leiza, Aki. Ces humanoïdes, mix d’Intelligence artificielle et de poupées gonflables, ont remporté un vif succès. Avec les dérives que l’humain peut se permettre face à un humanoïde.

Ces exemples d’avancées technologiques, avec des buts bien différents, posent la question de ce que deviendront nos futurs « alter ego ». De leur statut juridique.

A l’image de Sophia, robot humanoïde de Hanson Robotics, présentée en 2016 lors du South by Soutwest. Elle aussi, douée d’Intelligence Artificielle. Sophia était « américaine ». Elle avait donné elle aussi une interview dans laquelle ses programmateurs avaient sans doute voulu faire de l’humour, lui ayant inculqué quelques réponses inquiétantes, indiquant qu’elle souhaitait détruire l’humanité. Ce robot, très avancé technologiquement, peut réagir à de nombreuses émotions et indique son « état d’esprit » par le sourire, les sourcils froncés, etc.

Mais l’histoire de Sophia ne s’arrête pas là.

En effet, Sophia… est devenue Saoudienne. En effet, pour le compte de l’Arabie Saoudite, Sophia est intervenue pour soulever des fonds auprès des investisseurs pour le tournant que prépare ce pays pour l’après-pétrole. Le projet de la ville robotisée de Neom, par exemple, qui devrait être la première ville robotisée totalement autonome, couterait 500 milliards de dollars.

A noter que Sophia, citoyenne Saoudienne, s’est dite honorée de cette naturalisation.

Ce n’est pas encore demain que le simple citoyen pourra obtenir son hubot ou son Synthèt. Mais cela arrive à grand pas.

Déjà, pour un budget d’environ 600 euros, on peut recevoir chez soi en moins d’une semaine un de ses fameux robot, comme Alpha 1 Pro. Il ressemble à un gadget avec ses 30 cm de haut… mais il pourra être votre coach sportif ou raconter des histoires à vos enfants !

Toutes ces révolutions tiennent à l’évolution du numérique, des Big Data, des processeurs. L’IoT ne nous étonne plus. Nous savons commander nos lumières ou notre chauffage à partir de notre Smartphone. Nos données circulent dans le Cloud et nous sont accessibles partout, immédiatement et cela nous semble normal. Et cela l’est. Ce sont ces technologies, invisibles, qui permettent les calculs, les réalisations, les programmations, l’utilisation de ces innovations.

Lors du CES de Las Vegas (voir articles et vidéo ici), la star était Aibo, le chien robot de Sony qui agit comme un vrai chiot, suivi par les voitures autonomes, électriques et connectées. Les startups françaises ont été à l’honneur, comme la société Blue Frog Robotics qui présentait Buddy, ce sympathique robot qui permet d’avoir un majordome-intendant à la maison. Buddy est de ces robots qui ne font pas peur. Petit, rond, une bonne bouille d’E.T.

Buddy connaît votre agenda, surveille votre maison, joue vos musiques préférées, se connecte à tous vos autres objets connectés pour y puiser tous les services (lumière, thermostat). Il est le compagnon de jeu de vos enfants, il répond au téléphone, permet bien sûr la visio avec vos proches, peut détecter la chute de nos seniors, leur rappeler de prendre leur médicament. Il entend, parle, se déplace sur ses 3 roues et peut se contrôler à distance. Il sera disponible à la vente courant 2018.

Entre Erica, Sophia et Buddy, il n’y a finalement que des différences d’utilisation. La technologie de l’un peut se mêler à celle de l’autre.

Bientôt, Erica qui aujourd’hui ne peut se mouvoir pourra marcher et rendre les services que Buddy à déjà en stock. Ou Buddy grandira et possèdera en plus des bras déjà en option, une taille plus appropriée à l’aide à domicile.

Doit-on avoir peur de ces humanoïdes ? Tout dépend de nous, humains. Des capacités que nous leur donnerons sans sauvegarde pour les contrôler ou de l’usage que nous en ferons. Chaque cycle d’avancées technologiques a effrayé le genre humain. Souvenons-nous que les premiers trains qui ne dépassaient pas les 30 km/h avaient la réputation de « liquéfier » le cerveau à cause de la vitesse. Nos LGV nous entrainent à 300 km/h.

Le radium a permit des avancées médicales majeures. Et l’humain a su aussi le transformer en arme de destruction massive…

Notre futur robotique peut être désastreux ou totalement magnifique. A nous de le décider.

Et pour bien le commencer, il serait temps de réaliser des humanoïdes nous ressemblant de sexe masculin, histoire que dès le départ, l’Intelligence Artificielle soit dotée des bases de l’égalité.

Pour poursuivre, la liste de Scriptol : https://www.scriptol.fr/robotique/robots-humanoides.php

 

Armelle Reffait

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