« L’innovation, un levier pour l’emploi ? »

Fini le modèle de l’offre et de la demande ? Les ESN doivent prendre plus de risques. Allemagne et USA montrent l’exemple. R&D, nouvelles infrastructures numériques, souplesse … la France est très en retard. Tribune de Jean-Paul Alibert, Président de T-Systems France, filiale du groupe Deutsche Telekom.

La problématique de l’emploi en France s’impose et anime plus que jamais le débat économico-politique. Face à une courbe du chômage ascendante, il est désormais urgent et nécessaire d’abandonner les grandes théories de l’offre et de la demande, qui permettent certes de ne pas s’abaisser à résoudre les vrais problèmes des entreprises et de l’Etat, et n’ont plus vraiment de réalité, et ce pour deux raisons majeures :

  • La création de la demande par le pouvoir d’achat des ménages : confrontée à la mondialisation massive de la production de biens et la suppression des intermédiaires de vente, elle ne génère que peu de travail en France.
  • Les politiques de soutien à l’offre : elles se font encore bien souvent à travers l’appui à des métiers qui n’ont plus aucune chance de résister ou, pire encore, qui ne sont pas concurrencés par la mondialisation.

Des modèles économiques plus favorables à l’innovation et la compétitivité

Les entreprises peuvent et doivent plus que jamais aider l’État à soutenir l’économie et la compétitivité française, identifier les vrais leviers de l’emploi et sortir des débats politiques stériles. Malheureusement, malgré des avancées du gouvernement vers plus de réalisme micro-économique qu’il faut reconnaitre, la clé de voute qui pourrait réellement donner vie à un véritable choc de compétitivité tant attendu ne saute toujours pas aux yeux.

Qu’en est-il de nos voisins Européens ? Prenons l’exemple allemand. Les Allemands ont su, depuis la réunification il y a 13 ans, investir à long terme sur leurs pôles d’expertise. Ils ont aussi accepté une compétitivité de leurs emplois moins payés, mais avec une réelle direction vers des domaines d’investissements. Les ENS (Entreprises de Services Numériques) allemandes continuent de poursuivre leurs efforts en R&D depuis de nombreuses années, sur le Software, l’innovation numérique et de nouvelles infrastructures numériques : un pari sur l’avenir, des emplois pour demain. Elles peuvent le faire plus vite car elles payent moitié moins de charges sociales qu’en France. Que dire de l’age moyen du parc de machines outils : 17 ans en France contre 9 ans en Italie et 7 ans en France !

Même constat pour les entreprises américaines, plus agiles, capables de prendre des risques en recrutant fortement sur des sujets et pays de croissance, mais aussi s’ajuster immédiatement dès lors qu’elles sont confrontées à des baisses de vente pour réinvestir ailleurs.

Les mauvais choix français : des secteurs porteurs délaissés 

En France, les secteurs les plus favorisés par des exonérations de charges sur les bas salaires sont les hôtels et restaurants, le commerce de détail, les services aux personnes et la construction. Devons-nous  ainsi plus particulièrement soutenir la compétitivité de secteurs d’emplois peu qualifiés qui ne sont pas réellement concurrencés par la production mondialisée ? Ne serait-il pas plus sage d’investir ces sommes très importantes pour accélérer la formation vers les métiers qualifiés d’avenir, de plein emploi et de compétition internationale ? En parallèle, nous abandonnons les emplois dans des secteurs où nous avons un leadership avec des expertises avancées et qui sont notre avenir, comme les métiers du luxe, les industries du numérique ou le développement des jeux vidéos. Que faisons-nous pour les dissuader de déporter leurs équipes en Inde, aux Etats-Unis, au Canada ?

L’Etat français a financé deux projets concurrents de Cloud Souverain, alors même que les 140 millions d’euros investis auraient pu être utilisés par les ESN (Entreprises de Services Numériques) qui n’ont plus la capacité d’investissement indispensable pour lutter à l’international sur ces sujets. Si l’Union Européenne délimite le périmètre d’action de l’Etat, il est de son devoir de ne pas pénaliser les entreprises avec des charges trop lourdes. Certains ironisent : « la France de demain sera un parc d’attractions et un musée ». C’est pourtant une chance incroyable d’avoir un tel potentiel touristique et culturel. Il faut investir plus dans les infrastructures pour attirer les touristes plus longtemps, et ce, dans toutes les régions.

Le pacte de responsabilité est d’ores et déjà confronté à un premier obstacle : aucun dirigeant n’est capable d’avancer un chiffre sur le nombre d’emplois qui pourraient être créés dans son entreprise, quelle que soit la branche d’activité, à la faveur des allégements de charges. Si les 10 milliards d’euros, que l’Etat espère mécaniquement récupérer en impôts, sur les 30 milliards de baisses de charges provenaient d’une vraie réduction de la dépense publique, il pourrait alors exiger des entreprises de les convertir intégralement en investissements d’avenir, et pas en dividendes ! et montrer une plus grande exigence sur l’efficacité de ses responsabilités régaliennes, à commencer par l’Education Nationale.

Le courage de choisir, c’est peut-être la seule vraie clé de voute pour résoudre le casse-tête de l’emploi en France.

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